Introduction

 

Fin mars 2020 , la plupart des pays africains ont décrété des plans d’urgence et de confinement face au Coronavirus pandémie mondiale qui a fait plus  de 2500 victimes pour 75000 contaminations soit 1.6% de la population mondiale alors qu’elle constitue 17% de la population mondiale. L’Afrique demeure donc en général fortement épargnée par la pandémie, cependant, les retombées de cette crise sanitaire sur l’éducation de la jeunesse africaine sont significatives.

Nos études nous ont donc poussé à analyser les impacts du covid-19 sur la formation des jeunes en Afrique, mais aussi quelles sont les possibles pistes de réflexion pour en amortir les effets, enfin quelles sont les recommandations post-crise ou quelles types de réformes à appliquer pour transformer l’éducation en Afrique.

 

IMPACTS DE LA CRISE SANITAIRE SUR LA FORMATION DES JEUNES

Premièrement, les conséquences familiales du covid-19  pourraient être sans précédent pour les millions de jeunes en Afrique en particulier pour les 30 millions d’enfants et les 420000 enseignants en Afrique de l’ouest ainsi que les 127 millions de jeunes en Afrique australe et orientale. Cette jeunesse, le temps de la pandémie et privée d’écoles maternelles, primaires et secondaires a de fortes de chances d’être exposé aux violences sexuelles et physiques, au travail et mariage forcés , et aux grossesses précoces , à tous ces maux qui minent l’adolescence de nos filles et fils.

 

Figure 1- Salle de classe dans un établissement scolaire en Afrique

 

D’autre part, un cas spécifique vient des femmes . En effet, il est indéniable que cette crise affectera plus les jeunes filles que leurs homologues masculins qui sont plus exposées aux viols sexuels, unions forcées et grossesses précoces, déjà qu’elle ont  deux fois moins de chance  de suivre des études secondaires que les garçons. Des similitudes sont à noter avec l’épisode du virus Ebola quelques années auparavant durant lequel 5 millions de jeunes se sont vu interdits l’accès à l’école au Libéria , Sierra Léone , Guinée.

 

Figure 2- Des élèves confinés recevant des vivres

      Les effets secondaires sont aussi bien entendu sanitaires car les institutions scolaires au-delà d’être des centres de formation sont avant tout de véritables cocons où les enfants passent 80% de leur temps dans des conditions adéquates c’est-à-dire dans un environnement hygiénique correct avec des repas scolaires quotidiens ,  de l’accès à l’eau et à l’électricité pour couvrir leurs besoins vitaux. Dans un continent où 60-80% des populations vivent en zone rurale et souvent dans un contexte d’extrême pauvreté, l’ampleur de cette pandémie sur les différents points cités précédents pourrait être catastrophique pour la jeunesse africaine.

 

Enfin, les retombées les plus dangereuses du virus sur l’éducation de nos enfants sont purement l’abandon des études, la non réussite aux divers examens nationaux. Plus en détail, à cause de la non reprise des cours les jeunes ainsi que leurs familles seront plus enclin à penser à leur survie que de se préoccuper de l’éducation au sein du foyer. Dans un écosystème où 80% de l’économie vient du secteur informel et où les populations en général vulnérables ont très peu d’épargne.

 

Figure 3-Examens nationaux menacés par le virus

 

      Les conséquences de la pandémie risquent d’être dévastatrices pour des millions de personnes en Afrique, dont les enfants les plus     vulnérables. Les mesures mises en place pour arrêter la propagation du virus privent de revenus des millions de familles dont la survie dépend de l’économie informelle. La fermeture des écoles et la perte de revenus des parents représentent une menace pour ces jeunes          enfants défavorisés du continent. Il semble évident qu’à choisir entre contribuer aux revenus, la baisse des charges de la famille face à cette  situation suffocante post crise et la réussite scolaire de leurs enfants, l’abandon des études sera l’option privilégiée.

 

Suite à la recherche des divers impacts , nous avons donc décidé d’élaborer certaines recommandations à implémenter pour protéger la formation des jeunes enfants en Afrique

 

PISTES DE REFLEXION A IMPLEMENTER

Pour la jeunesse africaine , l’école est un nid qui la sauve de la violence du quotidien et des maux minant la société africaine mais aussi la voie royale qui lui permet d’avoir tous les diplômes , compétences, expériences pour garantir son avenir. Voici nos recommandations :

  • Inclusion numérique : le numérique a un rôle fondamental à jouer dans l’enseignement de la jeunesse africaine durant cette période de crise. Le contexte sanitaire Covid-19 nous révèle en général qu’il est clair qu’avec une jeunesse de plus d’1 milliard et en dépit d’éventuels investissements en infrastructures scolaires, il serait extrêmement difficile de former l’ensemble de cette jeunesse par le biais de méthodes conventionnelles. L’inclusion numérique constitue indéniablement la clé du problème spécialement avec les 660 millions de connectés au Smartphone. Nous devons donc encourager des programmes comme ceux de l’Université virtuelle (UVA) en partenariat avec le BAD (banque africaine de développement) qui proposent des Distance e-learning

Figure 4-Des élèves du groupe Enko Education en plein cours en ligne

 

  • Au-delà du numérique  :c’est-à-dire lorsque l’accès au digital est impossible , des solutions originales comme l’envoi du matériel d’étude, lecture , écriture aux familles et l’utilisation des technologies de l’information comme la radio et la télé peuvent être envisagées pour les familles les plus isolées. En outre, les programmes scolaires pourraient être modulables et allégés en fonction des planning des élèves et des jeunes filles qui contribuent de manière intense aux charges et soins de foyer familial . Vaut mieux donc une formation « à la carte et moins robuste » qu’un abandon des cours dont les raisons ont été citées précédemment.

Figure 5-Cours en ligne au cameroun via la Television nationale

 

  • Mobilisation entre les familles , les communautés , le corps enseignant : ici , il s’agit pour les parents de collaborer avec les instructeurs , personnel scolaire pour renforcer les options de formation à distance , du suivi des études et devoirs des élèves dans leurs foyers , ainsi que du maintien de l’éducation des jeunes filles. Cette recommandation est surtout une méthodologie pour renforcer opérationnellement les deux pistes de réflexion précédentes.

 

Figure 6-Parents et élèves en plein confinement

 

 

  • Plaider pour un retour progressif à l’école : Bien entendu il s’agit d’un retour dans des conditions de sécurité et hygiéniques adaptées à la situation et prioritairement en commençant par les classes d’Examen c’est-à-dire Tle,2nde , CM2 comme par exemple au Sénégal dont la réouverture des écoles s’est fait le 2 juin pour les 550000 étudiants concernés. Les conditions sanitaires seraient sans doute du gel hydroalcoolique et eau savonnée à l’entrée et intérieur de chaque établissement idéalement avec port de masques

 

Figure 7-Classe avec port de masque anti-covid19

 

Sources :

https://www.lepoint.fr/afrique/l-apres-covid-19-batir-l-ecole-des-futurs-africains
https://www.francophonie.org/tribune-covid-19-pour-reussir-la-continuite-educative-dans-lespace-francophone-1310
https://www.dw.com/fr/

 

Cedric

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