Suite aux interventions du président français dans Jeune Afrique et à Brut , il nous est paru important de donner notre point de vue en tant que jeunesse des diasporas doté de cette double culture dans le but d’aiguiller les décideurs publiques et privés.

 

Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique a la population la plus jeune au monde. Cette jeunesse doit donc  créer des héros  , véritables guerriers de développement , acteurs de la société civile , de véritables capitaines d’industrie autour des valeurs d’humilité , excellence , intégrité aussi bien du côté du continent africain que de l’hexagone .Elle a donc son rôle à jouer dans le renouveau des relations franco africaines , gagnant-gagnant pour permettre une véritable coopération décrispée.

 

Quelques recommandations pour améliorer leur efficacité et le rôle de la diaspora

 

(i)Capter de manière efficace le financement des diaspora. Les envois de fonds des diasporas vers les pays d’Afrique sub-saharienne ont atteint 49 milliards de dollars en 2019, selon une note de la Banque mondiale  mais les pertes d’emplois dues à la Covid-19 ont fait que ces flux  vont baisser de 25%.

Il est donc impératif de multiplier des initiatives et mesures pour mobiliser l’épargne de la diaspora dans le but de financer des projets et PME à l’image de l’Efficience Africa Fund du club efficience et de la plateforme EIC Corporation qui fait la promotion de l’investissement direct étranger en Afrique. De plus, les nations africaines devraient soutenir cette connexion entre PME locales de jeunes entrepreneurs africains  et investisseurs et ou talents de la diaspora. De nombreuses PME africaines n’exploitent pas leur potentiel à cause du financement et des compétences humaines pour réussir leurs projets.

 

                   Figure 1 : Envoi fond diaspora équivalent à 49 milliard usd en 2019

 

(ii)Ensuite, valoriser l’image de la diaspora ,des jeunes leaders , entrepreneurs et appuyer les sociétés civiles. De part leur double culture (terre d’accueil et terre d’origine), les membres de la diaspora sont les meilleurs ambassadeurs des deux continents, de véritables ponts entre l’Afrique et l’Europe. Cette spécificité le président Emmanuel Macron l’a bien remarqué par sa décision d’organiser une rencontre avec la diaspora africaine en juin 2019 à l’Élysée en présence de son homologue ghanéen le Président Nana Akufo-Addo. Dans la même optique, la French-African Foundation a identifié 30 talents qui incarnent les agents de changement d’une nouvelle relation entre l’Afrique et l’Hexagone. Ces initiatives sont à encourager.

Figure 2 : Diasporas africaines à l’Elysée

 

On note depuis une décennie, un engouement de la part de jeunesse diasporique pour l’entrepreneuriat, de véritables acteurs du changement voient le jour avec de nombreuses création d’associations , think tank , Ong signe aussi d’une véritable émulation de la société civile . D’ailleurs le Conseil Président pour l’Afrique composé d’une douzaine de membres fait un excellent travail depuis un an sur de nombreux sujets :

1-En coorganisant un débat sur le Fcfa enfin de décrisper le sujet avec tous les acteurs autour de la table (jeunesse africaine , française , intellectuels , entrepreneurs , décideurs ).

2-Une formidable tournée des entrepreneurs dans les quatre coins de la France (Paris , Bordeaux , Marseille , Lyon ) dans le but de soumettre des recommandations à l’Elysée.

3- Avec aussi le projet Carnets de santé en Afrique, porté avec Action Santé Mondiale, présentant une série d’initiatives africaines favorisant l’accès aux soins.

Cependant cette volonté de mettre les jeunes de la diaspora au cœur des échanges peut être vite entachée par les dérives de racisme , ou de violence envers la minorité comme ce fut le cas avec Adama Traore ou plus récemment le producteur de musique Michel Zerclec.

 

(iii)Également, inclure la diaspora dans les décisions politiques et de développement. Il serait opportun pour les États africains et l’Hexagone d’établir une liste des talents au sein des diasporas africaines par exemple à travers leurs ambassades ,associations africaines ou évènements sur l’Afrique pour pouvoir définir d’une politique ambitieuse de retour de ces talents comme cela se fait au Ghana, Rwanda ou encore par le phénomène des Repats incarné par le mouvement Movemeback. La diaspora est souvent appelée à forte raison la 6ème région du continent africain.

Nous recommandons aux pays africains de créer des organes électoraux consacrés aux diasporas. Le but de ces divisions ou organes consultatifs serait d’élire des représentants aux parlements de leurs pays de naissance et leur permettra de contribuer à la vie publique. Enfin, établir un Ministère entièrement dédié aux Africains de l’extérieur viendra solidifier l’apport général des diaspora.

 

                                                                              

(iv) Du côté de l’Hexagone, recruter dans ce vivier de  la jeunesse diasporique des talents qui seront impliqués dans les décisions et politiques d’aide aux développement. La nouvelle génération des diasporas sera à mon sens plus disposé à relever ce challenge car maitrisant la culture des deux continents.

Pour finir , nous proposons que les aides aux développement soient validés si le vote  des diasporas est bien pris en compte lors des élections nationales dans leurs pays d’origine. Nous pensons qu’une mobilisation des diasporas dans les décisions politiques de leurs pays d’origine ne peut être bénéfique.

 

Cedric

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